Une étude récemment publiée dans la revue Psychologie de la santé examine les effets de la solitude quotidienne sur la santé physique à l’âge mûr.

Étude : Dynamique de la solitude et symptômes de santé physique chez les adultes d’âge moyen dans la vie quotidienne.  Crédit photo : fizkes / Shutterstock.com Étude: Dynamique de la solitude et symptômes de santé physique chez les adultes d’âge moyen dans la vie quotidienne. Crédit photo : fizkes / Shutterstock.com

La solitude à la quarantaine

La quarantaine s’accompagne souvent de plusieurs changements importants dans la vie, tels que le fait que les enfants deviennent des adultes et prennent des décisions indépendantes, que les adultes deviennent les soignants de personnes âgées et que leur santé se détériore. Ces changements peuvent conduire à des interactions sociales, des positions et des rôles différents, ce qui peut accroître le sentiment de solitude à différents moments.

La solitude est un problème de santé important, en particulier chez les adultes d’âge moyen et plus âgés. La solitude est associée à un risque accru de dépression, de maladies cardiovasculaires et de mortalité.

La plupart des études sur la solitude ont examiné ce symptôme à un moment donné. En comparaison, les chercheurs de la présente étude ont examiné la solitude de manière dynamique pour mieux comprendre comment ce trait fonctionne à différents moments.

À propos de l’étude

La présente étude a utilisé les journaux quotidiens de 1 538 adultes d’âge moyen, dont 61 % étaient des femmes. Tous les participants à l’étude ont également été interrogés par téléphone pour évaluer leurs perceptions de la solitude quotidienne, leurs symptômes physiques et d’autres expériences quotidiennes.

La solitude quotidienne moyenne, la différence de solitude sur des jours consécutifs et le niveau de solitude stable ont également été évalués. Ces facteurs ont été comparés au nombre et à la gravité des symptômes ressentis par chaque participant à l’étude.

La solitude quotidienne moyenne a été déterminée sur la base des perceptions de solitude sur plusieurs jours, prenant ainsi en compte les changements à court terme. Cette approche est plus prédictive de la maladie mentale que du trait de solitude et a donc été choisie comme mesure potentiellement associée aux symptômes physiques.

La variabilité de la solitude affecte à la fois l’expérience individuelle et celle entre individus. La solitude intra-individuelle (WP) est souvent évaluée comme un écart par rapport à la solitude moyenne individuelle et peut être associée au stress, à un risque plus élevé de maladie chronique, à un moindre bien-être psychologique et à une inflammation plus élevée.

La variabilité de la solitude inclut également la stabilité, qui reflète l’ampleur de l’évolution de la solitude au fil des périodes de temps successives. Cela pourrait indiquer une instabilité à court terme au fil du temps, associée à une moins bonne santé mentale et à une moindre progression vers les objectifs sociaux. On sait peu de choses sur l’impact de ces aspects de la variabilité de la solitude sur la santé physique.

Un autre objectif important de l’étude était d’examiner les interactions de ces différentes mesures et leur influence sur les résultats en matière de santé.

Qu’a montré l’étude ?

Les participants à l’étude ont signalé des symptômes physiques moins nombreux et plus légers les jours où ils étaient moins seuls. Ceux dont les scores de solitude étaient supérieurs à la moyenne de l’échantillon présentaient des symptômes physiques 3,6 fois plus élevés pour chaque augmentation de l’écart type (SD).

Lorsque les scores de solitude dépassaient le score de solitude moyen, les symptômes physiques augmentaient de 1,32 pour chaque ET. Ceux qui ont signalé des fluctuations plus élevées de la solitude sur une période de huit jours étaient plus symptomatiques. À mesure que la solitude moyenne et l’instabilité supérieure à la moyenne augmentaient, la gravité des symptômes augmentait également.

Parmi les personnes présentant des niveaux moyens de solitude plus élevés, une plus grande stabilité et une plus grande instabilité étaient associées respectivement à 2,7 et deux fois plus de symptômes physiques. Avec une plus grande variabilité de la solitude, la gravité des symptômes augmentait le plus chez ceux qui étaient moins seuls.

Conclusions

Dans la présente étude, la solitude était fortement associée à des symptômes physiques quotidiens tels que des maux de tête et des nausées chez un échantillon en bonne santé d’Américains d’âge moyen, confirmant des recherches antérieures. Les résultats de l’étude mettent en évidence la nécessité d’examiner la dynamique complexe de la solitude et la manière dont elle varie en fonction du résultat mesuré.

Chaque aspect de la solitude, y compris la solitude modérée, les jours les plus solitaires ou la solitude très variable, a montré des interactions significatives avec le nombre et la gravité des symptômes physiques. L’association la plus élevée a été observée chez les personnes présentant la plus grande variabilité de la solitude quotidienne.

Les interventions de santé publique visant à lutter contre la solitude peuvent être plus efficaces si elles favorisent les liens sociaux dans la vie quotidienne des personnes de manière à promouvoir des niveaux de solitude stables et faibles.

Des programmes appropriés devraient promouvoir le développement des liens sociaux et de la santé physique pour garantir une meilleure santé et un meilleur bien-être. Ces interventions sont déjà proposées aux jeunes adultes et devraient être élargies pour inclure les adultes d’âge moyen.

Dans la présente étude, la solitude quotidienne était faible par rapport aux échantillons cliniques, ce qui peut expliquer les associations plus faibles. La plus grande stabilité de la solitude à de faibles niveaux pourrait indiquer la présence de liens sociaux solides et enrichissants et ainsi indiquer un domaine de travail futur.

Les mécanismes qui sous-tendent la relation entre la solitude et les symptômes physiques restent flous. Par conséquent, des recherches futures sont nécessaires pour mieux comprendre les effets de la dépression ou du névrosisme sur les symptômes physiques et leur impact sur la stabilité de la solitude.

Référence du magazine :

  • Witzel, DD, Van Bogart, K., Harrington, EE, et coll. (2024). Dynamique de la solitude et symptômes de santé physique chez les adultes d’âge moyen dans la vie quotidienne. Psychologie de la santé 43(7); 528-538. est ce que je:10.1037/hea0001377.



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