Combattre les bactéries pathogènes devient plus difficile lorsque les antibiotiques ne fonctionnent plus. Selon une étude de l’Université de Bâle et de l’Hôpital universitaire de Bâle, les personnes ayant déjà souffert de maladies peuvent être porteuses de germes résistants et souffrir d’infections répétées pendant des années.

Pneumonie, infections des voies urinaires, sepsis : de telles maladies peuvent être mortelles sans antibiotiques. Certaines bactéries ont développé la capacité de décomposer les antibiotiques bêta-lactamines tels que les pénicillines et les céphalosporines, les rendant ainsi inefficaces. Une fois que le corps d’un patient a été colonisé par ces bactéries résistantes, celles-ci peuvent persister plus longtemps, rapporte le groupe de recherche du professeur Sarah Tschudin Sutter dans la revue « Nature Communications ».

L’équipe du Département de recherche clinique de l’Université de Bâle et de l’Hôpital universitaire de Bâle a analysé plusieurs échantillons provenant de plus de 70 personnes sur une période de dix ans. Les chercheurs ont examiné une période beaucoup plus longue que les études précédentes et se sont concentrés sur les personnes âgées souffrant de problèmes de santé sous-jacents. Votre question centrale : si et dans quelle mesure Klebsiella pneumoniae Et Escherichia coli Les bactéries présentes dans le corps changent au cours de cette longue période et diffèrent selon les différentes parties du corps.

Maladie récurrente

L’analyse de l’ADN montre que les bactéries s’adaptent d’abord assez rapidement aux conditions des parties colonisées du corps, mais ne subissent ensuite que quelques modifications génétiques. La bactérie résistante pouvait encore être détectée chez les patients jusqu’à neuf ans plus tard. « Non seulement ces patients tombent eux-mêmes malades à plusieurs reprises, mais ils constituent également une source d’infection pour d’autres personnes – un réservoir pour ces agents pathogènes », explique le Dr. Lisandra Aguilar Bultet, première auteure de l’étude.

«Il s’agit d’informations cruciales pour le choix d’un traitement», explique le professeur Tschudin Sutter. Si une personne a déjà été infectée par une bactérie résistante et doit ensuite être retraitée en raison d’une nouvelle infection, il existe un risque que les antibiotiques traditionnels ne fonctionnent plus.

Transfert de résistance

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que chez certains patients, des souches bactériennes de la même espèce ainsi que des espèces différentes (notamment Klebsiella pneumoniae Et Escherichia coli), partagent des mécanismes de résistance génétique identiques à travers des éléments génétiques dits mobiles (tels que les plasmides). L’explication la plus probable est qu’ils se sont transférés ces éléments.

Les hôpitaux appliquent des mesures de protection spéciales si un patient a déjà été infecté par une bactérie résistante. Cependant, dans la vie de tous les jours, il est difficile de réduire le risque de transmission d’agents pathogènes.

Ces connaissances sur la diversité génétique bactérienne qui devrait évoluer au fil du temps chez chaque patient constituent une base précieuse pour de futures études analysant les facteurs trouvés chez les bactéries et les patients qui sont associés à la durée de la colonisation et sont en corrélation avec la progression de la colonisation à l’infection.



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