Une étude publiée dans la revue Recherche pédiatrique décrit le lien entre les expériences négatives de l’enfance et le risque d’obésité à l’adolescence. L’étude identifie les difficultés comportementales et le concept de soi comme médiateurs potentiels de cette association.

Étude : Adversité au début de la vie et risque d’obésité à l’adolescence : une étude de cohorte prospective basée sur la population sur 9 ans.  Source de l’image : Pixel Shot / ShutterstockÉtude: Adversité au début de la vie et risque d’obésité à l’adolescence : une étude de cohorte prospective basée sur la population sur 9 ans. Source de l’image : Pixel Shot / Shutterstock

arrière-plan

La prévalence de l’obésité chez les adolescents augmente rapidement dans le monde. Dans les pays occidentaux, la prévalence se situe entre 20 et 30 %. Divers facteurs biologiques, sociaux et psychologiques limitent le traitement et la prévention de l’obésité à l’adolescence.

L’obésité à l’adolescence est bien connue augmenter le risque de diabète, l’hypertension, les maladies coronariennes, le cancer et la mortalité prématurée. La principale cause de l’obésité est considérée comme une interaction complexe de facteurs environnementaux, de facteurs génétiques et de comportements psychologiques. Les preuves existantes montrent également que l’exposition à des expériences indésirables pendant l’enfance peut potentiellement augmenter le risque de prise de poids et d’obésité à l’adolescence.

Les expériences négatives de l’enfance, notamment la violence physique, émotionnelle et sexuelle, la maladie mentale des soignants, la toxicomanie, les environnements familiaux violents, la pauvreté et la perte des parents, peuvent avoir un impact direct ou indirect sur les enfants en réduisant leur sentiment de sécurité. Cependant, on ne sait pas exactement comment ces expériences augmentent le risque d’obésité.

Le but de la présente étude était d’identifier les facteurs possibles pouvant influencer l’association entre les expériences défavorables de l’enfance et le risque d’obésité chez les adolescents.

Étudier le design

Les chercheurs ont analysé les données prospectives de l’étude de cohorte Growing up in Ireland, qui comprenait 8 568 enfants de 9 ans nés entre 1997 et 1998 et leurs familles. Les enfants ont été suivis à l’âge de 13 et 18 ans. Au total, 6 216 familles ont participé à l’ensemble de l’enquête.

L’étude a examiné l’exposition des enfants à 14 expériences négatives survenues avant l’âge de 9 ans. L’indice de masse corporelle (IMC), une mesure établie de l’obésité, a été calculé au domicile d’adolescents âgés de 9, 13 et 18 ans. Des informations sur quatre types de médiateurs, notamment l’activité quotidienne, la qualité de l’alimentation, l’image de soi et les difficultés comportementales, ont été collectées lorsque les enfants avaient 13 ans.

Observations importantes

L’analyse finale de l’étude a été menée sur 4 561 adolescents. Parmi eux, 77,2 % ont subi des événements indésirables dans l’enfance, 50,5 % étaient des femmes et 26,7 % étaient en surpoids ou obèses à 18 ans.

Les adolescents qui ont développé l’obésité à l’âge de 18 ans étaient plus susceptibles d’avoir vécu des expériences dans leur enfance telles que le décès d’un membre de la famille, un déménagement ou le divorce de leurs parents, par rapport à leurs pairs non obèses. Un IMC plus élevé a été observé à 9 et 13 ans chez les enfants exposés à des expériences négatives que chez les enfants non exposés.

Une moindre estime de soi et de plus grandes difficultés comportementales ont été observées tout au long de l’adolescence chez ceux qui ont vécu des expériences négatives dans l’enfance. À 13 ans, des différences significatives en termes de problèmes de comportement, d’IMC et de revenu familial ont été observées entre les enfants exposés à l’adversité et ceux non exposés. Les enfants exposés à des expériences négatives ont tendance à vivre dans des ménages à faible revenu tout au long de leur adolescence.

Un IMC parental plus élevé et un revenu familial plus faible étaient associés à un IMC plus élevé à 18 ans. Une association a également été observée entre la fréquence d’une activité physique vigoureuse et un IMC plus faible chez les adolescents âgés de 18 ans. Mais ce lien n’existait pas : il a été récompensé pour sa qualité nutritionnelle.

L’analyse des effets de médiateurs possibles a révélé qu’une moindre estime de soi et des difficultés comportementales plus élevées médient indirectement l’association entre les expériences défavorables de l’enfance et le risque d’obésité à l’adolescence.

Importance des études

L’étude conclut que les expériences négatives avant l’âge de 9 ans peuvent augmenter les difficultés comportementales et diminuer l’image de soi à 13 ans et conduire à l’obésité à 18 ans. Cependant, l’étude n’a pas réussi à trouver un lien direct entre les expériences négatives de l’enfance et le risque d’obésité chez les adolescents.

Comme l’ont mentionné les chercheurs, une proportion importante de familles inscrites n’ont pas participé à l’ensemble de l’enquête. Les familles aux revenus élevés sont restées majoritairement dans l’étude. Cette lacune peut conduire à un biais de sélection et limiter la généralisabilité des résultats de l’étude.

Pour déterminer de manière plus concluante l’association entre les expériences indésirables de l’enfance et le risque d’obésité, les études futures devraient prendre en compte la durée et la fréquence de l’exposition, ainsi que l’âge au moment de l’exposition, dans leur conception d’étude.

Référence du magazine :

  • De Visser, Hannah S. et al. «Adversités précoces et risque d’obésité à l’adolescence : étude de cohorte prospective basée sur la population sur 9 ans.» Pediatric Research, 2024, pp. 1–7, DOI: 10.1038/s41390-024-03040-7https://www.nature.com/articles/s41390-024-03040-7



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